Culture

Boncana Maïga, qui était le ‘’Maestro’’ de l’afro-cubain ?

Mis à jour le 2 mars 2026
Publié le 02/03/2026 à 2:21 , , ,

Figure majeure de la musique afro-cubaine, Boncana Maïga est décédé à l’âge de 77 ans, le 28 février à Bamako. Musicien, compositeur et arrangeur de génie, il a façonné le son de plusieurs générations d’artistes africains. Il a également laissé une empreinte durable sur la musique du continent.

 

Il formait, il arrangeait, il transmettait. Boncana Maïga croyait au pouvoir du savoir musical. Le musicien apprenait pour enseigner. Il mettait son art au service des autres.

En 2018, sur TV5MONDE, il résumait sa mission avec simplicité : donner une autre dimension aux artistes africains.

Son influence dépassait les frontières. Il a lancé, a accompagné ou formé de nombreux talents.

Parmi eux, les Ivoiriens Aïcha Koné, Gadji Céli et Alpha Blondy, et aussi le Congolais Koffi Olomidé. Tous ont bénéficié de son exigence et de sa vision.

En Côte d’Ivoire, son rôle était central. Il dirigeait l’orchestre de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI).

Son travail imposait une nouvelle esthétique sonore. Il devenait l’un des arrangeurs les plus recherchés d’Afrique de l’Ouest.

Son empreinte a marqué durablement le paysage musical. En 1992, il franchissait un cap. Il cofondait Africando, un projet novateur.

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Les voix ouest-africaines se mêlaient à la salsa cubaine. Le succès était international. La musique africaine dialoguait avec le monde.

Il s’engageait aussi pour la culture. À la télévision, il animait Stars Parade, diffusée sur TV5. L’émission mettait en lumière la diversité des musiques africaines et révélait de nouveaux talents.

De retour au Mali, il transmettait encore. Avec Maestro-Sound Mali, il produisait et encadrait de jeunes artistes. Le maître devenait passeur.

Son parcours prenait racine à Gao. Né en 1949, il s’imposait très tôt en intégrant le Négro Band de Gao, formation emblématique du Mali postindépendance.

Le talent était déjà là. Dans les années 1960, sa vie basculait. Il obtenait une bourse pour étudier à La Havane.

À l’initiative de Modibo Keïta, de jeunes Maliens partaient à Cuba. Boncana Maïga faisait partie du voyage. Il en restait le dernier survivant.

À Cuba, il se formait en profondeur. Solfège ; Flûte ; Saxophone. L’afro-cubanité entrait définitivement dans son ADN musical.

Avec sa disparition, le Mali et l’Afrique perdent un bâtisseur. Un homme de rigueur et d’ouverture. Un trait d’union entre les continents.

Son héritage, lui, continue de vivre dans les œuvres, dans les artistes et dans chaque note où l’Afrique dialogue avec le monde.

Esther Bognini (stagiaire)

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